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Une attente de quatre ans
J'ai erré dans mon dernier billet à la rubrique intitulé "Une attente de quatre ans". J'attribuais le texte à Micheline Lavigne, il s'agissait plutôt de Johanne de St-Luc. Toutes mes excuses.

Micheline avait pourtant beaucoup à dire, voici donc le texte qu'elle m'a fait parvenir.
"Les deux dernières saisons, les moineaux avaient détruit les œufs de mes bicolores, cette année j'avais une maisonnette nouvelle avec pendule et poteau à l’épreuve des chats. Le croirez vous ? Une vieille maison oubliée sur une clôture, et avec une entrée par en dessous en plus, les a conquises.

Qu’ont-elles dans la tête ? Elles se disputent ce paradis avec les moineaux. Depuis le début de la saison j’ai bien dû déplacer et changer la hauteur de ce que mes enfants appellent "ton oiseau château" une douzaine de fois. Seulement quelques visites d’un couple mais elles n’ont pas l’air de trouver que ce château leur convient. Je ne renonce pas encore mais je vois fuir le temps. "

Je le répète souvent mais c'est vrai que le pendule est une contrainte en soi. Si un nichoir sans pendule est proposé dans le même environnement, très vite les hirondelles vont sauter dessus. Évidemment, ce n'est pas tant la beauté du nichoir qui attire les bicolores mais bien la cavité. Et plus cette cavité est facile d'accès, plus spontanément les bicolores y éliront domicile.

Vous vous en doutez bien, il aurait été préférable de retirer le vieux nichoir dès le départ. C'était leur offrir une tentation irrésistible malgré la grande difficulté de son accessibilité. Sans pendule en plus. Voyez le nichoir de votre voisin, s'il n'est pas pourvu d'un pendule, les bicolores risquent bien de vous fausser compagnie. Pour déjouer leur plan, dans un tel cas il vaut mieux soustraire le pendule du nichoir. Du moins, le temps que les bicolores s'approprient votre nichoir. C'est ça l'objectif visé, adopter le nichoir que vous mettez à leur disposition. Ou encore, vous les auriez joliment tentées en remplaçant le vieux nichoir par le vôtre. Je sais, je sais, ce n'est pas toujours aussi facile de faire que de dire.

Plus tard, le 24 mai, Micheline s'attristait:
"Bon, c’est avec un peu de tristesse que je vais enlever la petite maison que je destinais aux bicolores. J’ai eu plusieurs visiteurs, jusqu’à six à la fois, elles sont presque rentrées dans le nichoir, le bout de la queue dépassant à l’extérieur. J’ai d'abord pensé que le pendule était trop rigide, j'ai donc rectifié au plus vite. Le lendemain, les moineaux y entraient facilement. Aussitôt, j'ai fait une nouvelle correction.

Je manque certainement d’habileté. J’ai tenté, probablement trop tard, de piéger les moineaux. J'ai plutôt capturé une bicolore. Chez un voisin, la corniche de la remise du jardin semblait faire leur bonheur, mais encore là les moineaux ont réussi à les déloger.

Dois-je envisager de capturer les moineaux en mars et en avril? D’autres prendront-ils la place?"

La bataille est perdue d'avance si les moineaux se présentent au nichoir en même temps que les bicolores. Même si le nichoir est pourvu d'un pendule, jamais les bicolores ne réussiront à ravir le nichoir. Il vaudrait mieux capturer le moineau au plus vite, le mâle de préférence. Je dis le mâle sinon il restera sur place pour attirer une autre femelle. La voie doit donc être libérée sans quoi les bicolores chercheront vite un nouveau gîte, ailleurs évidemment.

Je ne vous l'ai pas encore avoué mais quand les bicolores ont visité mon nichoir le jour de la fête des mères, il n'y avait aucun moineaux dans les environs, pas un seul je vous dis. Pourtant, le lendemain, un couple s'y trouvait et le mâle travaillait comme un débile pour occuper le nichoir que l'hirondelle convoitait.

Durant quelques minutes, les bicolores se sont prélassées sur le fil, sans vraiment chercher à livrer bataille. C'est comme si elles savaient que je les protégeais. J'ai retiré le pendule et mis un piège à l'intérieur du nichoir. Il a fallu moins de dix minutes au mâle pour se faufiler à l'intérieur. C'est certain qu'il a dû regretter sa visite. Comme le dit en riant un de mes amis, le moineau doit toujours être chanceux tandis que je dois l'être juste une fois.

La minute d'après, ce sont les bicolores qui chantaient de joie. Quoiqu'on en dise, on n'a pas le choix, on doit agir sur le champ si un moineau reluque un nichoir en même temps que les bicolores. Dans une telle situation, je dois le dire, le pendule n'a pas beaucoup d'utilité. À moins de pouvoir compter sur un deuxième couple de bicolores, une fois que les moineaux se seront fatigués du nichoir à force d'essayer de traverser le pendule.


Les photos de Normand Cyr

J'ai pris un peu de retard dans la publication des photos reçues des amateurs. Prochainement, je vous ferai voir les photos de:

Jean-Claude Lelièvre
Noni
Robert Champoux
Paul Favreau
Cécile Gauthier
Yves Lauzon



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