C'est rassurant de savoir que les bicolores cherchent encore un nichoir un 2 juin.
C'est Yoland et Pierrette de Laval qui le confirment, les premières bicolores sont arrivées au nichoir ce jour là. Voilà la preuve qu'il ne faut jamais désespérer.
Gustave de Ste-Rosalie, est inquiet. Le mâle est seul et la femelle tourne en rond déclare-t-il avec déception. Les œufs ont refroidi et Gustave a cru que la pluie en était la cause.
J'ai une version différente. Je crois plutôt que c'est la femelle qui est disparue, morte sûrement, et le mâle fait son deuil avant de se décider à trouver une nouvelle compagne. Cette situation est fréquente en saison et il ne faut pas s'en étonner outre mesure.
Quand on est en début de saison, un autre couple se formera et une nouvelle nichée se remettra en route. J'ai déjà vu un mâle perdre trois femelles, deux fois à cause des moineaux et une autre sous les pattes d'un chat. À chaque fois il a retrouvé une nouvelle compagne mais cette dernière fois était la bonne. C'est le pauvre amateur qui en a mis du temps à comprendre.
Des bicolores bien tranquilles
Vous devez trouver les bicolores bien tranquilles de ce temps-ci? Dans les régions où la pariade est terminée, la joie des oiseaux a cessé. Les femelles couvent leurs œufs tandis que les mâles font le guet à longueur de journée. Les parents quittent le nichoir pour se nourrir seulement et ils attendent patiemment la naissance des bébés.
Le mâle fait son beau sur son perchoir en attendant de reprendre du service. En effet, il participera aux tâches ménagères du matin au soir. Si l'oisiveté l'a gagné depuis que la femelle protège ses œufs, il travaillera avec acharnement dès la naissance du premier rejeton. À mesure que les oisillons grandiront, les voyages de chasse vont se multiplier et le couple ne ratera aucune occasion de débarrasser le nid des poches fécales.
Dans certaines régions plus nordiques, les juvéniles en sont encore aux présentations. Ça explique l'abandon temporaire des nichoirs les jours de pluie et de froid. Comme c'est le cas chez Linda Thivierge au Lac-St-Jean. Elle désespère du temps qu'elles mettent à revenir au nid. La même inquiétude que celle qui habitait les amateurs du Centre du Québec au début du printemps. Pour les bicolores adultes toutefois, les nichées sont certainement plus avancées, la ponte est complète maintenant. Même que les bébés doivent grandir à vue d'œil.
Des cinq couples qui nichent chez Ghislaine Leduc, à Chapais, il y a un couple qui s'est permis d'achever un nid pour changer d'idée ensuite en adoptant un autre nichoir disponible. Pourquoi? Mystère et boule de gomme. Auraient-elles été dérangées? Pas nécessairement par les amateurs eux-mêmes mais souvent par des prédateurs. Un couple de merlebleus de passage peut-être, d'autres bicolores qui ont fait sentir la trop grande proximité des deux familles? Qui sait? L'important c'est leur présence, n'empêche qu'il serait intéressant de connaître la cause.
Pas encore de ponte toutefois mais ça viendra, même si Ghislaine s'inquiète du temps qu'elles y mettent. Elles s'accouplent souvent dit-elle, puis reviennent au nid. La journée se passe ainsi mais durant ce temps, les œufs dans le ventre de la femelle font des progrès constants. Un beau matin, la femelle ne quittera plus le nid, sauf de très brefs moments pour se nourrir. Ce sera alors le repos complet pour ces petits couples qui auront fait vivre bien des émotions.