Tout va très bien
Plusieurs se sont inquiétés de mon absence. N'ayez crainte, tout va très bien de mon côté. Des travaux de rénovation accaparent tout mon temps. Pour un certain temps encore. Et puis il va bien falloir que je ralentisse un peu, il faut que je jardine aussi.
Pertes d'hirondelles
Je ne voulais pas le croire mais je dois bien me rendre à l'évidence, le temps froid que nous avons connu la semaine dernière a fait des ravages considérables dans nos nichoirs. Plusieurs amateurs m'ont informé de la triste finale de leur nichée. Des bébés quasiment à l'âge de s'envoler ont été abandonnés par les parents. Si ces cas avaient été isolés il aurait fallu comprendre que les femelles avaient tout simplement disparu.
Quand mon ami Yves Goudreault de St-Hubert m'annonce qu'il a perdu une vingtaine de nichées, je dois bien reconnaître que ces mortalités n'ont rien à voir avec le hasard. Laurent Morier de St-Jean-Baptiste a connu un sort semblable. Plusieurs de ses nichées sont mortes au nid.
La seule cause plausible, c'est le froid persistant qui a engourdi les insectes, à ce point que la famine s'est installée durant quelques jours dans les régions touchées. Sans insectes volants, évidemment, c'est la mort certaine pour nos hirondelles.
Ça ne consolera personne bien sûr mais j'ai vécu les mêmes événements la semaine dernière. Trois bébés ont été abandonnés et laissés pour morts au nid, les trois plus vigoureux ont pris leur envol. C'est toujours une triste fin quand ça arrive et je sympathise avec tous ceux-là qui ont connu une fin de saison en queue de poisson.
Finalement, les amateurs de Gatineau n'ont pas tort. Depuis au moins trois saisons qu'ils affirment que les bicolores ont quitté leur territoire parce que la bouffe n'est pas assez abondante. Avec tous ces arrosages malheureux pour contrer le virus du Nil, ils ne sont pas loin d'avoir raison. Tout simplement, il n'y a plus rien à bouffer.
Il faudra bien un jour que les autorités en place sachent que cet épandage crée un tort irréparable à la faune ailée. On connaît la situation des hirondelles mais qu'en est-il des autres espèces?
Sommes-nous en train de bâtir de grandes et puissantes villes sans oiseaux? Si les oiseaux s'en vont comme ça, tout en douceur, sans que personne ne soit alarmé, peut-on croire que nous glissons aussi, un peu chaque jour, vers cet abîme sans fond? Les gens de Gatineau doivent agir. Vite, il faut en parler, les hirondelles sont devenues le baromètre de votre région.
Dans ma cour
Deux couples de merles ont niché dans ma cour cette saison. Vous le saviez déjà, comme ce couple de cardinals qui a donné trois bébés, tous aussi douillets les uns que les autres. J'allais dire trois jolis bébés mais en fait ils ne sont pas beaux du tout. Sans queue, ils ont plutôt l'air d'avoir fui un chat. Les plumes de leur tête ne les coiffent pas encore avec élégance quoique on commence à reconnaître le toupet qui les caractérise si bien. Il y a cette teinte rosée aussi qui laisse deviner ce qu'ils deviendront.
Connaissant ma passion des oiseaux, les très jeunes voisins d'à côté se sont précipités pour me signaler la présence du mâle. Il est partout dans la cour qu'ils ont dit.
Pour dire vrai, ce n'est pas du cardinal dont je voulais vous parler. Mais plutôt de cet autre nid que j'ai retrouvé dans le jeune lilas qui borde le trottoir du devant de la maison. L'arbre ne fait même pas trois mètres et le nid se retrouve à portée de bras. On y passe devant cent fois par jour et personne ne s'était encore rendu compte. Ce sont des chardonnerets qui ont élu domicile juste là, sous les yeux du laitier qui lève les bras quand il s'en retourne les mains vides et le postier aussi qui a pour habitude de frôler le lilas chaque matin, comme s'il prenait provision de son arôme. Il ne sait pas lui aussi, même si le mâle s'égosille à chanter en fuyant son arrivée.
Je sais que je vais faire des jaloux mais il y a un autre nid dans ma cour. Incroyable!
Maintenant que je vous ai mis l'eau à la bouche je n'en dira pas plus. Je garde le secret pour une autre fois.
Dans mon dernier billet j'avais omis de faire le lien des photos de Jean-Marc Dubuc et Cécile Gauthier. C'est fait maintenant. Voir la rubrique à droite. Vous pouvez toujours retrouver les billet publiés en visitant l'agenda, depuis la page d'accueil du site Hironbec.
Je vous livre aujourd'hui le rapport de notre troisième rendez-vous de la saison. Bonne lecture!