Le virus du Nil est-il en cause?
On l'a déjà dit, les hirondelles bicolores sont moins nombreuses dans certaines régions depuis quelques années. La plupart d'entre nous avons mis la faute sur le froid et par conséquent sur le manque d'insectes. D'autres, comme Wildy Gervais de Nicolet interroge plutôt le virus du Nil.
"Aujourd'hui j'ai rencontré un vieil ami nicolétain, âgé de 92 ans. Je lui ai fait part de votre billet du 2 juillet, il était vraiment renversé. Il m'a raconté que les bicolores n'ont jamais manqué leurs rendez-vous printaniers à ses nichoirs, de 1945 à 1991, quand il habitait sa résidence. C'est la même chose pour moi si on considère mon expérience personnelle qui s'étend de 1970 à 2000. Au cours de cette longue période de 55 ans, il y a sûrement eu des printemps moches mais pour autant, les hirondelles étaient nombreuses."
"À bien y penser, en 2004 mes bicolores avaient un comportement étrange. Elles étaient très discrètes, peureuses et gazouillaient peu. Elles manquaient de cette vitalité et joie de vivre propres aux hirondelles. Ce qui me fait croire qu'elles nous reviennent du sud déjà affaiblies. Ce phénomène (désastre) correspond parfaitement avec l'arrivée en terre d'Amérique du virus du Nil occidental (en 1999). Je serais bien curieux de savoir si le même "phénomène" se produit aussi ailleurs, comme en Nouvelle-Angleterre et en Ontario. Merci de me lire."
Il semble maintenant acquis que les hirondelles bicolores soient moins nombreuses dans certaines régions, voire même curieusement absentes dans certains cas. Parmi les causes déjà identifiées, on ne peut nier que l'épandage d'insecticide, pour contrer le virus du Nil, joue un rôle de premier plan.
Cela crée une rareté d'insectes telle que les hirondelles évitent d'occuper ces régions moins propices à l'alimentation de leur nichée.
Il faut aussi reconnaître que le froid, le vent et la pluie sont des éléments majeurs à ne pas négliger non plus. Ces seuls éléments chassent cruellement les hirondelles en tuant les bébés.
Est-il possible que le virus du Nil soit une autre cause possible? Bien malin celui ou celle qui pourrait l'affirmer sans sourciller!
Bien que des carcasses (hirondelles noires) retrouvées et analysées en 2003 aient été contaminées par ce terrible virus, rien ne nous permet d'affirmer qu'il ait décimé des populations entières d'hirondelles bicolores.
De plus, le virus du Nil ne se propage pas nécessairement en limitant ses dégâts à certaines régions exclusives. Cette subtilité de propagation me semble trop arbitraire pour croire qu'il soit en cause dans la rareté des bicolores dans certains milieux. Si les hirondelles bicolores adultes se retrouvaient mortes par centaine dans les nichoirs, alors il faudrait sérieusement penser à accuser ce vilain virus qui a plutôt l'air de frapper les plus gros oiseaux, comme les corneilles qui sont loin d'être épargnées.
Se peut-il que le virus du Nil agisse avant même que les bicolores ne quittent leur territoire sudiste?
Ainsi, le virus ciblerait seulement les oiseaux d'un territoire en particulier?
Et encore faudrait-il que les hirondelles infectées survivent à toute la durée de la période migratoire!
Ce qui me semble impossible compte tenu que le virus tue l'oiseau infecté en moins de 48 heures.
Jusqu'à preuve du contraire, rien ne prouve encore que le virus du Nil occidental soit une des causes probables de la rareté des bicolores dans certaines régions du Québec.