Mon clin d'oeil
Au-delà des apparences, le bonheur n'est pas une denrée si rare. Du moins pour ceux et celles qui ont compris que c'est dans les toutes petites choses qu'il se dévoile.
J'ai été touché récemment par un courriel que me faisait parvenir Josée Rouette, de Sorel. Elle venait de se procurer le récupérateur de graines que je fabrique et la mangeoire à tournesol qui permet aux oiseaux de s'alimenter à même le grillage. C'est certain que son message vantait les produits Hironbec mais ce n'est pas la raison qui m'incitait à vouloir vous en parler. C'est plutôt ce rare petit bonheur qui m'a frappé et qui se glisse entre les mots au fil d'une lecture.
Voici d'abord son premier témoignage:
"Bien des petits protégés de ma cour se sont vite familiarisés avec le
récupérateur que je me suis procuré chez vous jeudi. De plus, mes longues
observations à la fenêtre m'ont valu de beaux cadeaux . D'abord, au petit
matin vendredi, c'est une famille de chardonnerets qui se présente au poste
d'alimentation, convoitant plutôt la mangeoire à chardon. Vite, je me suis
aperçue qu'il y avait deux oisillons fraîchement sortis du nid (je pense), car
ils vacillaient sur le mât, tentant maladroitement de maintenir leur
équilibre avec leurs fraîches petites ailes, n'osant pas s'élancer sur un
perchoir où leur mère s'alimentait. Après avoir engouffré une bonne quantité
de chardon, elle les rejoint pour les nourrir. Puis, elle entre dans le
récupérateur pour tirer une graine de tournesol au travers du grillage. Et,
la fière petite famille est revenue en après-midi refaire le plein
d'énergie, mais les petits n'étaient pas plus hardis que le matin et la mère
continuait de les nourrir à même les mangeoires. Quelle chance pour cette
maman d'avoir accès à un garde-manger si bien garni!
Durant la même journée, un jeune cardinal est venu. D'abord perché
quelques instants sur le mât, il avait l'air d'examiner le grillage. Assez
vite, le voilà passé au travers du récupérateur, et, curieux, il semblait
vouloir poursuivre son exploration à fond, mangeant d'abord au perchoir,
puis s'étirant le cou pour extirper une graine plus haut au travers du
grillage de la mangeoire et enfin finissant son repas au fond sur le
plateau.
Pas de mésanges ce vendredi... mais c'est un réveil tout en
émerveillement qu'elles me réservaient pour ce matin. Elles étaient
nombreuses, joyeuses, fredonnant leur petit chant caractéristique, et là j'en
ai eu plein la vue: elles entraient et sortaient du récupérateur avec grâce
et agilité, se tenant quelques instants sur le grillage extérieur, comme
pour me dire bonjour ou merci, mais c'est moi qui avait envie de leur dire
merci parce que, comme vous me l'aviez dit, je les voyais plus longtemps.
Elles s'agrippaient sans difficulté au grillage de la mangeoire pour
déloger une précieuse graine. Merveilleuse cette mangeoire ! Aussi, elles se
sont intéressées à la mangeoire à arachides (j'y avais mis les petits
perchoirs), virevoltant autour, et se posant de brefs instants sur les
perchoirs le temps de piquer un petit morceau d'arachide.
Voilà donc mon heureux bilan après à peine un jour et demi. Que de beaux
cadeaux de Dame Nature en perspective!
Merci d'avoir consacré votre talent et votre passion à être l'artisan
des spectacles gratuits qui s'offrent à nos fenêtres... et merci de votre
accueil à St-Hilaire.
Cordiales salutations Josée Rouette, Sorel"
Et ce deuxième courriel reçu ce matin en ajoute
un peu plus sur les plaisirs des petits bonheurs quotidiens.
"Je n'ai aucune objection à ce que vous publiez mon texte du dernier
courriel ( et même celui-ci) dans vos billets. Je me suis relue et c'est
vrai que la joie et le bonheur transparaissent. Je crois que lorsque l'on a
expérimenté la fragilité de la vie en luttant de longs mois contre un cancer
et que l'on sait que l'ennemi peut réapparaître (car on ne contrôle pas tout
sur cette terre)... et bien les sens sont plus éveillés et la vie prend une
saveur inestimable. J'apprécie davantage les petits bonheurs du quotidien et
je goûte la vie comme un cadeau.
Par ailleurs, mon récupérateur a reçu d'autres invités, non moins
intéressants. Un couple de roselins, accoutumés à s'alimenter à la mangeoire
à chardon se sont hasardés à franchir le grillage du récupérateur. Ils
étaient franchement drôles, tous deux agrippés au treillis, chancelants, la
tête scrutant l'intérieur, l'air de se demander pourquoi donc cacher cette
mangeoire dans une volière? Ou encore, qui des deux serait le plus brave à
entrer dans cet objet pour l'instant insolite? ... C'est le mâle bien sûr (!!!)
qui est entré le premier et il a eu l'air d'inviter tout de suite sa douce qui l'a
suivi sans tarder. Aussi,l'un des cardinals de la nouvelle couvée est revenu, et lui, il avait bien l'air de connaître le mode
d'utilisation.
Quant aux mésanges, elles m'étonnent , entrant et sortant
avec une aisance et une légèreté sans pareil, marquant toujours une petite
pause sur le grillage extérieur, le temps de se faire admirer, je crois!.
Vous dire bien franchement, je changerais le nom de mon récupérateur pour
"volière à friandises" avec passe gratuite à l'année pour qui veut en
profiter! C'est ce que mes observations avec cette nouvelle acquisition
m'ont inspiré... Je ne sais pas ce qu'en diraient les oiseaux??
Merci encore Mère Nature et bravo au concepteur pour ces petits
bonheurs qui ensoleillent ma journée.
Josée Rouette,
Sorel-Tracy"
|
Photos à venir
Guy Desjardins (01)
|