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Les billets de René
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Qui peut relever le défi de nourrir des hirondeaux aux vingt minutes ? Une journée passe encore mais vingt jours durant... ?
Voilà une besogne dont je me sens tout à fait incapable. Et vous ? Il faut avant tout une disponibilité
sans borne et une patience à toute épreuve. Pourtant, Mme Véronneau de Longueuil a eu le courage d'entreprendre
ce travail colossal sans savoir vraiment ce qui l'attendait au détour. Par chance ! Elle le dit maintenant,
si elle avait su...
Un frais matin de juillet, un beau moineau est venu visiter le nichoir habité par ses protégés. Il n'en fallait pas davantage
pour mettre à la porte tous ces petits êtres sans défense. Après une dure bataille entre moineaux et hirondelles, Mme Véronneau n'a plus revu
les parents. Une douzaine d'heures plus tard, en visitant le nichoir, elle a trouvé quatre hirondeaux abandonnés, affamés et avec
de sévères coups de bec à la tête, aux ailes et aux yeux.
Que faire ? Laisser mourir ces oisillons d'à peine quatre ou cinq jours ? Personne n'aurait osé.
Mais comment assumer une relève dont on ne connaît pas les règles les plus élémentaires ?
Qu'à cela ne tienne, n'écoutant que les piaillements de ces petits presque nus, Mme Véronneau est vite
devenue la mère adoptive. Une délicate tâche doublée d'une grande responsabilité.
Elle a commencé à leur offrir une nourriture que les éleveurs d'oiseaux offrent aux insectivores gardés en cage.
Une nourriture pour becs fins lit-on sur la boîte. Si les oiseaux de cage s'en gavent facilement, il en est autrement
avec des hirondeaux. Ils ont avalé lentement les premières offrandes pour bouder les suivantes. Non, le régime ne leur
convenait guère, il fallait trouver autre chose.
Des vers blancs alors, bien vivants, mais trop gros pour ces petits vraiment trop petits pour avaler de si grosses portions.
Dédaigneusement, il fallait les couper en deux. Hummmmm, un délice que les hirondeaux ont apprécié tout
au long du sevrage.
Suite à des conseils d'experts, pour varier le menu, on leur a offert de la viande à chien,
mis en miettes et diluée dans un peu d'eau. Ici encore, ils acceptaient la première offrande mais refusaient
obstinément les suivantes. Mais quand Mme Véronneau leur présentait un vers blanc, les becs s'ouvraient comme par magie.
Deux ou trois fois par jour, les oisillons acceptaient volontiers quelques gouttes d'eau fraîche minutieusement
déposées dans chaque petit bec.
En grandissant, il a fallu nettoyer leur postérieur à quelques reprises. Le régime n'étant pas tout à
fait sur mesure sans doute. Un bain d'eau tiède à l'occasion leur a fait grand bien. Sur leur petite tête
blessée, quelques compresses ont redonné un peu de souplesse au plumage. Pour un, il a fallu soigner les yeux
avec une goutte de murine quotidiennement.
Ils ont vite grandi en réclamant davantage leur part de bouffe. Ils avalaient maintenant des vers entier,
sans rechigner, sautant sur le rebord du nid pour mieux se gaver. Puis, vint le moment où les oisillons ont reconnu
leur mère adoptive. Une récompense magnifique s'il en est une. À chaque repas, les oisillons se posaient
sur un doigt et battaient des ailes, jusqu'à s'envoler. Heureusement pour eux, Mme Véronneau les a laissés
voltiger dans la cuisine, le temps qu'il fallait pour les préparer à la sortie finale. Pour se nourrir,
ils atterrissaient affectueusement sur sa tête, souvent sur la main, les ailes grande ouvertes et le bec
quémandeur. Pour Mme Véronneau, ce fut des instants magiques. Après le repas, les oiseaux s'envolaient
dans la maison, en contournant tous les obstacles. L'heure de la grande envolée approchait rapidement. Dommage, Mme
Véronneau aurait bien voulu les garder encore.
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Photos des oisillons âgés d'environ 8 jours
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![]() Quelques heures avant le grand départ, nos hirondeaux témoignent encore leur d'affection à leur mère adoptive, Mme Denise Véronneau, de Longueuil. |