
Rendez-vous des hirondelles
le 5 juin 2004 |
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En guise d'introduction Comme à chaque semaine, Bruno avait pris soin de bien ratisser le gazon. Pas un seul parc de la ville ne peut rivaliser avec la richesse de cette verdure impeccablement bien taillée. Le soleil en profitait tout autant que nous en dardant généreusement cette terre fertile. Ça donnait le goût d'étendre la couverte et de pique-niquer et même d'y passer la journée entière. Les hirondelles se sont données le mot pour accueillir la douzaine d'amateurs passionnés que nous étions. Avez-vous déjà vu un ciel d'hirondelles? Comment dire ces choses sans altérer leur beauté. Avec simplicité oui mais c'est justement là que ça se complique. Je voudrais être magicien des mots pour vous présenter ces images exclusives, ces couleurs insaisissables et ces formes vivantes et changeantes qui produisent tant d'exclamations. Fermez les yeux un instant! Voyez-vous cette multitude de silhouettes noires qui habillent majestueusement le ciel en s'y accrochant en funambules inconscientes? Un ballet joliment imaginé à coups d'ailes; des noires glissant tapageusement sur l'air du matin. Entendez-vous cette musique savamment composée au rythme des escapades impétueuses et enjouées? Alors, vous aimez la vie et vous prenez le temps de goûter et d'apprécier tous ces jolis cadeaux qui s'ajoutent à notre existence. La bonne humeur est de rigueur quand le soleil est au rendez-vous. Même chez les oiseaux, les mâles en profitent pour courtiser les femelles avec un zèle charmeur. C'est la noce toujours mais avant il faut savoir plaire et à plusieurs femelles de préférence. La dominance a ses plaisirs que les plus vieux ne veulent partager avec personne. Que les juvéniles se le tiennent pour dit, il vaudrait mieux qu'elles aillent voir ailleurs. D'autres amateurs impatients n'attendent plus que cette ultime visite pour faire sauter un bouchon. Il y a encore ce mâle adulte qui chante une ritournelle à sa belle. Il est bien perché au sommet de la tour et on voit bien son manège qu'il répète sans cesse pour être sûr d'être bien vu. Sa gorge s'enfle comme un petit ballon sous l'effet des nombreuses vocalises qu'il lance à toute la cour. Il regarde partout en épiant ceux-là qui pourrait lui faire ombrage. Il ne manque pas de les pourchasser avant que l'inconduite lui ravisse les plus belles de son groupe. Que dire de ce jeune mâle juvénile qui montre déjà du bleu sur la pointe des ailes et une poitrine toute bombée, tachetée, et pleine de fierté. Il a belle allure sur la maison et on voit bien qu'il cherche à séduire la petite nouvelle qui arrive justement. Nous acclamons toutes ces fredaines animales qui enjolivent notre matinée. C'est comme jouer au théâtre mais les acteurs sont des oiseaux qui n'exigent rien en retour. Il suffit de payer le prix d'entrée en applaudissant généreusement au bonheur offert.
Descente des nichoirs Merci à Guy Beaudoin qui prenait religieusement en compte l'état des nids. Nous en avons dénombré 18 qui étaient ou bien achevés ou sérieusement en voie de l'être. C'est déjà une amélioration sur les deux années précédentes qui avaient produit 16 nids. De plus, il reste encore des juvéniles à rentrer et nous espérons que le nombre de nids dépassera la vingtaine lors de notre prochain rendez-vous. De tous ces nids, six contenaient de trois à quatre œufs. C'est certain que la ponte sera accentuée au cours de la semaine et ce qui est plus sûr encore c'est que des bébés seront là au rendez-vous du 19 juin.
Les bicolores Nous avons visité six nichoirs de bicolores sur les 18 qui sont parsemés sur le site. Il y avait des bébés dans tous les nichoirs, sauf un qui n'avait pas encore trouvé de locataires. Ils étaient âgés de douze à quatorze jours, mais un nichoir abritait des bébés fraîchement nés du matin. Des petits bébés tout rose qui peinaient durement juste pour lever la tête. Dans ce même nid, le mâle reposait en paix sur le côté tandis que la femelle prenait soin de la marmaille. Il arrive à l'occasion qu'un adulte décède au nid. Si c'est le mâle, la famille survit mais le contraire met fin à la nichée. Il sera intéressant de constater l'état de cette nichée à notre prochain rendez-vous. Chose certaine, la nichée aurait été compromise si l'oiseau n'avait pas été retiré du nichoir. En se décomposant, les vers auraient envahi le nichoir… et les bébés aussi, et la femelle aurait cessé de nourrir les bébés. Heureusement, on y a vu, la nichée est sauve. Un mot sur les rustiques Remerciements Et puis, si ça vous tente, nous vous attendons au Rendez-vous du 12 juin, même heure, même place. Beau temps mauvais temps, on y sera. René |