Rendez-vous des hirondelles
le 12 juin 2004

Tout est tellement joyeux quand le soleil est au rendez-vous, comme les amateurs qui nous visitent d'un samedi à l'autre. Les passionnés d'hirondelles viennent de partout pour admirer notre colonie d'hirondelles noires. Celle des bicolores aussi et surtout, pour partager sur ces oiseaux qui fascinent tant.

Encore une fois, plus d'une douzaine ont répondu à notre invitation en se présentant sur le site. Ils venaient de Repentigny, Longueuil, Sorel, Warwick, Val-des-Monts. Au premier rendez-vous, on est venu de Repentigny, Brossard, St-Jean, Granby et d'où encore. On ne compte plus les kilomètres pour profiter de ces samedis très exclusifs.

À voir l'intérêt marqué de ceux et celles qui se présentent, il faut croire que ces rendez-vous sont là pour durer. La passion s'éteint avec le temps si l'occasion ne nous est pas donnée d'en débattre. Quelle que soit la passion, c'est intéressant et motivant d'en témoigner. C'est la première mission de ces rendez-vous, échanger en apprenant des uns et des autres.

Du côté des bicolores
Des nichées ont déjà quitté le nid familial. Plusieurs bébés se laissaient gaver d'insectes sur les fils qui bordent la rue. C'est une chance quand les bébés naissent en milieu rural, ils profitent des grands espaces contrairement à ceux et celles qui voient leurs nichées naître en milieu urbain. Les oisillons s'envolent vite et quittent à tout jamais le nichoir qui les a vues naître. C'est triste de ne plus les revoir pour le reste de la saison. À peine sortis du nid qu'ils gagnent les grands dortoirs où les rassemblements en comptent des centaines, souvent des milliers. Nous avons cette chance à St-Hyacinthe de revoir les juvéniles sur le site même, alors qu'ils se font les ailes en apprenant à chasser avant le grand départ pour la migration d'automne.

Vous vous rappelez? Lors de notre premier rendez-vous, une femelle élevait seule ses bébés. Nous avons dû retirer le mâle qui est mort dans la niche. Et bien, une semaine plus tard, toute la petite famille a été décimée. Les bébés, âgés de 7 à 8 jours n'ont pas survécu. Est-ce la femelle qui n'a pas suffi à la tâche ou encore, c'est la mort qui l'a frappée?

On l'a déjà dit, il est courant que les femelles continuent à s'occuper de la nichée même en l'absence du mâle. C'est génétique chez elles et quand la nichée meurt, on peut croire, encore, que la femelle n'a pas survécu. C'est toujours triste de devoir se soumettre aux lois de la nature.

Les plumes
Une fois de plus, nous avons fait le jeu des plumes, même si l'état des nids ne nous autorisait pas à espérer un plaisir toujours aussi captivant. Il a fallu plusieurs minutes avant que les premières bicolores découvrent ces plumes au sol et se décident à se hasarder pour les saisir à quelques pas de nous seulement.

Heureusement, on a encore eu droit à ces plongées triomphantes qui nous épateront toujours. Le plus drôle, c'est quand une hirondelle s'empare d'une plume et s'éloigne rapidement comme si elle venait de gagner le gros lot. Toutes les hirondelles se mettent alors à sa poursuite comme si c'était la seule plume au monde. Pour notre plus grand plaisir, elles jouent comme des enfants en se la dérobant mutuellement. Tout ce manège se déroule dans un ciel silencieux, étonnant, jusqu'à ce que la plume finisse par disparaître dans le fond d'un nichoir.

Dans un nichoir de bicolores
Dans un nichoir en particulier, il nous a été possible de nous rapprocher des bébés. Heureusement, le nichoir était pourvu d'un tiroir. C'est toujours intéressant de pouvoir admirer une nichée sans devoir nous torturer les yeux pour les apercevoir à travers de nombreuses brindilles et de longues plumes blanches qui les recouvrent presque complètement. Avec un tiroir, le jeu est simple, on le glisse à l'extérieur, sans crainte de briser le nid. On peut alors admirer la nichée à volonté. Voyez plutôt.

Les noires
La semaine dernière nous avons comptabilisé 18 nids bien achevés et plusieurs même contenaient des œufs. Une semaine plus tard, il s'est ajouté cinq nouveaux nids, tous en voie d'achèvement. Ce qui prouve que les juvéniles se sont drôlement manifestées au cours de la semaine.

Par contre, nous avons perdu des œufs dans deux nids. C'est impossible que les quiscales en soient la cause et ce n'est pas davantage les geais bleus qui ont commis ces larcins. Une crécerelle peut-être? Croyez-vous? Jamais elle n'arriverait à rejoindre le fond du nid. La profondeur est de 10 pouces au moins et tous les œufs se retrouvent dissimulés au fond complètement de cette chambre creuse. Impossible donc de se servir pour un oiseau qui passe seulement la tête.

Des moineaux alors ? C'est plus plausible. Bien qu'ils aient l'habitude de percer la coquille et de la déplacer de quelques centimètres seulement. Parfois, l'œuf est projeté par dessus bord. Pourtant, nous n'avons retrouvé aucune coquille, ni dans les compartiments, ni au sol. Quelqu'un a une idée?

Relevé de la ponte lors des deux premiers rendez-vous
1) Rendez-vous du 5 juin: 6 couples avec un total de 21 œufs
2) Rendez-vous du 12 juin: 8 couples avec un total de 24 poeufs.

La moyenne d'œufs pondus par couple n'est pas très élevée, mais il faut dire que la ponte est encore inachevée pour trois de ces couples. D'autres œufs se sont certainement ajoutés au cours de la semaine et il faut espérer une moyenne de quatre œufs par nid. On verra bien ce que donnera le relevé du rendez-vous du19 juin. Chose certaine, il faut s'attendre à une ponte plus abondante encore compte tenu que la saison ne fait que commencer.

Curieusement, nous avons retrouvé un moineau mort dans l'entrée d'un compartiment. Il nous semble bien que le début du nid soit celui d'un couple de noires. Par dessus celui-ci, les moineaux ont tenté d'ajouter le leur. Heureusement, ils n'auraient pas eu le dessus sur les noires cette fois, bien que ces dernières aient décidé de nicher ailleurs, dans un autre compartiment croyons-nous.

Les fenêtres
Les hirondeaux d'une nichée avaient l'âge requis pour que les petites fenêtres soient ouvertes sur un côté. C'est ce que nous avons fait pour profiter du spectacle que nous espérions. Pour accélérer le processus de la nutrition, nous avons bloqué l'entrée principale avec un chiffon de kleenex . Nous espérions ainsi que les parents trouveraient plus rapidement l'ouverture des fenêtres. Par manque de temps, nous avons raté la scène. À notre prochaine rencontre, ils auront sûrement quitté.

La jeep de Bruno
La jeep 1952 de Bruno n'avait pas démarré depuis belle lurette. Sur l'invitation des curieux qui se sont rassemblés à la porte du bâtiment, Bruno a risqué le tout en osant tourner la clé. En nous prévenant à l'avance toutefois que la batterie devait certainement être morte.

Et puis, le moteur a tourné, péniblement, quelques tours seulement, nous laissant tous croire que l'engin agonisait. Sous un couvert poussiéreux se cachait une mécanique qui n'avait pas encore dit son dernier mot. C'est alors que Bruno s'est mis à jouer avec le carburateur, poussant ici et tirant là pour favoriser l'arrivée de l'essence. Le moteur s'est alors mis à toussoter, de plus en plus généreusement. Le tuyau d'échappement produisait des émanations qui nous firent reculer de quelques pas. Et puis le moteur s'est finalement engagé, rondement, en ronflant joyeusement, en conférant en même temps un sourire radieux à notre hôte, notre mécanicien du jour.

Dernier rendez-vous de la saison, ce samedi 19 juin 2004. Je serai heureux de vous y voir.

René