Rendez-vous des hirondelles
le 19 juin 2004

C'était le dernier rendez-vous de la saison mais quelle rencontre! Vous avez été très nombreux à répondre à notre invitation. Plus d'une vingtaine en fait. Il y a même des amateurs qui sont venus d'aussi loin que Chapais pour nous rencontrer et, bien sûr pour découvrir nos hirondelles. Ils étaient même les premiers rendus sur place. Ghislaine Leduc et son mari sont des passionnés d'hirondelles et la route n'est jamais assez longue pour partager cette passion qui se pratique durant la belle saison seulement. Nous étions fiers de faire leur connaissance, comme avec tous les autres aussi. Qu'ils soient de La Prairie, Repentigny, Brossard, Longueuil ou d'ailleurs, leur compagnie a été des plus agréable.

Avez-vous remarqué comme les échanges sont facilités quand un dénominateur commun réunit les gens? Comme l'amitié est facile quand on tient le même discours, quand les uns et les autres s'intéressent aux uns et aux autres. Il s'en dégage un plaisir et un bonheur si vigoureux qu'on voudrait bien le répandre dans tout le voisinage.

L'état des nichoirs des noires
La visite des nichoirs des noires a retenu l'attention de tous les visiteurs. Sauf que nous sommes restés un peu sur notre appétit. Nous espérions découvrir une ponte abondante et un début d'éclosion prometteur. Malheureusement, la nature ne prend jamais nos espoirs en compte. Souvent aussi, elle se comporte en ingrate malgré tous le soins que nous lui ménageons.

Les nids étaient abondants (18) lors de notre première visite. Plusieurs se sont ajoutés (5) lors de la deuxième rencontre. Mais ils ont fondu comme neige au soleil à ce dernier rendez-vous. C'est fréquent chez les noires et les plus habitués s'y laissent prendre à chaque saison. On croit que les couples se sont multipliés mais en réalité, chaque couple peut avoir bâti deux ou trois nids. C'est à s'y méprendre. Peut-être finalement que nos attentes sont trop grandes en voulant toujours attirer de plus en plus de couples. Même si c'est là une ambition bien légitime, on n'a pas le choix de suivre le rythme imposé par la nature.

Nous avons trouvé plusieurs nids avec une ponte infertile (4). Trois autres contenaient des œufs fertiles mais refroidis. Des œufs abandonnés donc? Pas nécessairement, plutôt une absence trop prolongée des femelles quand elles vont chasser par temps froid. Et si les mâles s'arrangeaient aussi pour être utiles durant ces périodes de refroidissement. La nature est aussi géniale que bête, jamais elle ne consent d'exceptions où qu'on se trouve sur la planète. Que les plus forts l'emportent, c'est la règle!

Curieusement aussi, quelques œufs ont à nouveau été dérobés. Qui sont donc les coupables? Certains croient que les sansonnets ont cette habitude de s'approprier les œufs des noires. Pourtant, nous n'avons trouvé aucun nid de sansonnets dans les quatre nichoirs du site. Il n'y avait pas davantage de nids de moineaux. Ces parasites insupportables auraient-ils cette mauvaise habitude de chiper les œufs même s'ils nichent ailleurs? Comme j'aimerais découvrir ce qui se cache derrière ce mystère.

Avant d'allonger les compartiments des nichoirs, les œufs étaient à la portée des longs cous, comme les quiscales et les geais bleus. Maintenant, nous savons qu'ils sont incapables de se servir. Une autre espèce est en cause. Faudra-t-il y veiller jour et nuit pour découvrir les auteurs de ces larcins impunis?

Un ami me disait récemment avoir la conviction que les vachers seraient les responsables. Leur taille leur permettrait d'entrer dans les compartiments et de se servir à volonté? C'est possible! Ne sont-il pas ces oiseaux parasitaires qui pondent dans les nids des autres en laissant les autres élever l'unique rejeton qui survivra après avoir jeter par dessus bord toute la nichée légitime? Ils seraient donc capables de s'emparer des œufs sans laisser de traces? Peut-être. Si c'est le cas, alors nous avons un pépin sur les bras. Comment peut-on déjouer ce manège? Décidément, la nature ne finira jamais de nous surprendre.

Aux deux rendez-vous précédents, nous avons comptabilisé respectivement 6 et 8 nids contenant des œufs. Cette fois-ci, nous avions espéré en ajouter au moins une douzaine de plus. Malheureusement, seulement dix nids étaient viables. On est déçu bien sûr mais notre ambition était sans doute démesurée.

Peut-être aussi que les juvéniles ne se sont pas manifestés aussi rapidement que les saisons précédentes. On verra bien ce que donnera mes prochaines visites.

Il est souhaitable, pour tous les amateurs qui sont encore en attente d'un premier couple, que la progéniture de notre site se multiplie à ce point que toutes les maisons d'hirondelles noires des alentours se remplissent à craquer. Bon, il faut bien rêver un peu. Le rêve n'est-il pas le début d'un nouveau projet?

Les bicolores
La plupart des nichées des bicolores se sont envolées. Heureusement, car le temps froid qu'on a eu aurait produit des dommages irréparables à nos oiseaux. Comme ce fut le cas dans les nichoirs de Yves Goudreault de St-Hubert. Il a perdu une vingtaine de nichée la semaine dernière.

La saison des bicolores est sur le point de se terminer pour la plupart des amateurs. Du moins pour ceux et celles qui habitent le centre du Québec. Ailleurs en région, comme sur la Côte Nord, au Lac St-Jean ou dans le Nord-Ouest québécois, les nichées sont en pleine effervescence, pour les juvéniles tout au moins. Ainsi le plaisir dure pour ces amateurs qui ont connu un lent début.

En conclusion
Comme le temps file quand la passion nous anime! Ou bien on s'ennuie à ne rien faire ou encore il court comme l'eau du fleuve qui se perd dans la mer. Il nous faut toujours le rattraper pour goûter cette rare saveur qui fuit. Le printemps nous fait de bien grands signes pour arrêter nos courses effrénées mais encore nous faut-il tendre l'oreille pour entendre ces mélodies qui ne durent que le temps d'une saison. Les rendez-vous à l'horaire sont donc chose du passé. D'un samedi à l'autre, les amateurs sont venus partager une passion et puis des amitiés se sont soudées.

Le grand cercle des amants des hirondelles s'agrandit d'une saison à l'autre et il est consolant et rassurant de constater que cette passion ne se pratique plus en vase clos. Grâce à internet, on en parle plus que jamais, on raffine nos méthodes et nos hirondelles ne s'en portent que mieux.

Une fois de plus, il me faut remercier nos hôtes, Bruno et Armande. Comme toujours, ils savent nous accueillir sur leur terre, chaleureusement, amicalement, en amis, comme si nous étions chez nous. Sincèrement, au nom de tous, merci à vous deux!!!


Pour souligner le dernier rendez-vous de la saison, voici quelques photos prises par Gilles Papillon de La prairie. Merci Gilles!
Photos d'hirondelles

René