Rendez-vous des hirondelles
le 7 juin 2003

Malheur à celui ou celle qui n’a développé aucune passion au cours de sa vie. Quelle qu’elle soit, il en faut une pour nourrir son esprit et en même temps pour oublier les travers de la vie. De toutes les passions imaginables, les oiseaux en est une par excellence et c’est dommage qu’un si grand nombre passe une vie entière sans arriver à la découvrir. D’après la Société Audubon, le loisir le plus pratiqué en Amérique du nord touche de près ou de loin le monde des oiseaux. Ce n’est donc pas étonnant de croiser autant d'amateurs sur notre route.

Nous étions une bonne douzaine ce samedi à partager nos expériences et à observer les hirondelles qui devaient certainement se questionner sur cet achalandage inhabituel. D’autant plus que la température s’est faite accueillante en ne nous privant nullement d’un soleil aussi radieux que chaud.

Les noires

Vingt et un couple d’hirondelles noires se partagent les quatre nichoirs de l’endroit. Il est quasi impossible de dénombrer un aussi grand nombre d’oiseaux comme ça, juste à les regarder aller et venir. C’est en abaissant les nichoirs que nous pouvons vraiment nous rendre compte du nombre de couples réels. Il suffit ensuite de comptabiliser les nids formés. Mais encore, il faut être prudent puisque les noires ont l’habitude de travailler sur plusieurs nids à la fois avant de se résigner à en occuper un seul. Nous avons donc dénombrer 21 nids achevés ou sur le point de l’être.

C’était encore un peu tôt pour la ponte mais un nid logeait déjà quatre oeufs. C’est sûrement le plus vieux couple de la colonie et certainement le plus hâtif à se présenter sur les lieux ce printemps.

Nos observations ne nous ont pas permis d’apercevoir des juvéniles. C’est tout de même assez curieux ... et inquiétant. Un bon nombre aurait dû s’y trouver à cette date, même que les mâles adultes auraient dû en être tout excités.

Une hypothèse: compte tenu des mortalités de la dernière saison, il se pourrait bien que les nombreux nichoirs, plus au sud, soient si peu occupés cette saison que les juvéniles n’ont pas à se donner la peine de voler jusqu’à nous.

Les noires se sont réparties dans les quatre nichoirs du site, même le dernier nichoir installé ce printemps, le village, accueille déjà trois nouveaux couples, tous des adultes.

Les bicolores

Même si les mortalités de l’an dernier ont été aussi nombreuses que les noires, la différence ne semble pas évidente cette saison. Sur la ferme de Bruno, nous comptons 14 couples bien actifs sur une possibilité de 19. La saison s'annonce donc une belle réussite mais attendons encore un peu que les amateurs nous confirment leurs succès.

Et la saison bat son plein, sans anicroche. Sans problèmes de moineaux, même si leur nombre est impressionnant sur la ferme. Pas un seul couple de bicolores n’aura été délogé. Ce sont plutôt les noires qui en arrachent. Mais le pendule ne leur est d’aucune utilité, hélas.

Le moment magique de la rencontre a été vécu avec les deux jumeaux Gravel. Vous auriez dû voir leur mine réjouie quand on a déposé un bébé bicolore dans leur main. Voilà deux jeunes amateurs qui découvrent déjà la passion des hirondelles. Même à dix ans, on peut avoir la piqûre.

Faits divers

Il y avait encore Henriette, la chatte préférée des propriétaires, qui se pavanait sur le terrain, allant de l'un à l'autre, l’air contente de la visite de ce samedi. Même les noires qui plongeaient en sa direction la laissait complètement indifférente. Il lui est certainement plus facile d’attraper un mulot que de capturer un oiseau. Qui s’en plaindra ?

Jean-Claude a pris une tonne de photos. Gageons qu’il nous permettra de vous en montrer quelques unes bientôt.

Un moineau gris a été pris au piège en même qu’un autre nid était bien formé dans un autre compartiment, un nid ingénieusement conçu qu'on a dû défaire, malheureusement. Il a été vite remplacé par un piège, bien camouflé dans les brindilles restantes. Le moineau était si choqué qu’il s’est mis à s’en prendre aux noires, comme si c’était les coupables.

Plus tard, on a pu voir un nid de rustiques dans un premier bâtiment et deux autres encore dans celui adjacent à l’écurie.
Pour quelques uns d'entre nous, le dîner a été une autre belle occasion de prolonger ce rendez-vous d'hirondelles.

Merci à nos hôtes, les propriétaires du site, Bruno et Armande, qui nous accueillent toujours aussi gentiment.

Notre prochain rendez-vous
Le 14 juin, sans autres avis, entre 9h et 12h, à l’heure qui convient à chacun.

Notre attention portera sur la ponte des noires. Ainsi, on pourra dénombrer plus précisément le nombre de couples nicheurs pour cette saison.

Aussi à surveiller : la présence des juvéniles. Seront-elles au rendez-vous cette fois?


René